Aimer et Protéger les océans – Consommation durable

Evolution de la production et de la consommation de produits de la mer

La production globale de poissons (pêche et aquaculture) a été multiplié par 9 en 60 ans, en passant de 19 millions de tonnes en 1950 à 167 millions de tonnes en 2014.

Depuis l’après-guerre, l’industrialisation et la mondialisation de la pêche (toujours plus loin, toujours plus profond, toujours plus longtemps) a mis une telle pression sur les stocks de poissons que depuis les années 1990, alors que l’effort de pêche augmente continument et que toutes les technologies sont déployées pour traquer le poisson, les captures stagnent : le « peak fish » a été atteint.

Les poissons ne sont plus là, ils n’ont pas eu le temps de se renouveler ou alors les chaines alimentaires ont été tellement modifiées (surpêche des grands prédateurs comme les requins, thons, espadons) qu’il ne reste que des espèces sans intérêt nutritif ou commercial, des méduses.

Dès 1921, le Prince Albert Ier anticipait ce problème : « (…) les richesses des mers européennes commencent à montrer qu’elles ne sont pas inépuisables et la démonstration va se faire que l’Océanographie est seule capable d’enseigner comment on doit s’y prendre pour cultiver le monde maritime où se développe […] la substance alimentaire principale de l’Humanité. » [1]

« La destruction s’accentue progressivement dans les mers où la pêche moderne se poursuit avec des moyens de plus en plus puissants et nombreux, tels que les chalutiers à vapeur. Ces derniers labourent maintenant le sol même des plateaux continentaux en arrachant les herbes marines et en ruinant les fonds qui conviennent le mieux à la multiplication comme à la conservation d’une foule d’espèces. Si bien que dans quelques années le gagne-pain dont vivent encore aujourd’hui des centaines de mille de pêcheurs avec leurs familles, sur les côtes européennes, aura presque disparu. »[2]

La pêche doit bien-sûr être encadrée par les autorités locales, mais elle reste largement tirée par la demande des pays développés. La consommation des produits aquatiques a doublé en 50 ans passant de 10kg/hab/an à 20kg/hab/an au niveau mondial, et même 32kg/hab en France pour 2015. D’où le rôle important que peut jouer le consommateur pour faire changer les habitudes, entraîner la pêche vers la durabilité au-delà des règlements. 

Pourtant les besoins sont là. Certaines populations se nourrissent de la mer. Et devant la démographie croissante, la demande en protéines va aller croissante. Autant que la viande, le poisson est une excellente source de protéines. Il compte aussi des matières grasses, en quantité variable selon l'espèce, qui sont des sources d'oméga 3. Les oméga 3 dits « à longue chaîne » (EPA, acide eicosapentaénoïque et DHA, acide docosahexaénoique) préviennent des maladies cardio-vasculaires et sont nécessaires au développement et au fonctionnement de la rétine, du cerveau et du système nerveux. Parmi les poissons certains sont dits gras et contiennent davantage d'oméga 3 à longue chaine et sont particulièrement intéressants au plan nutritionnel.

 De plus par le passé les nutritionnistes se sont surtout intéressés aux macronutriments, qui fournissent de l’énergie et de protéines. Aujourd’hui, il est de plus en plus reconnu que les micronutriments – vitamines et minéraux – présents dans le régime alimentaire ont un effet certain sur le développement et la santé.

Loin de tout malthusianisme, l’Institut océanographique prône une approche équilibrée en permettant aux citoyens d’être des consommateurs-acteurs.

L’Institut océanographique explique les enjeux, donne des conseils pour choisir de façon éclairée. Des réflexes pour choisir soi-même dans les cas simples, les labels à rechercher en cas de doute. Surtout, comprendre ses choix.

Attention les chiffres ci-dessus comprennent aussi bien la pêche et l’aquaculture en eau douce q'en eau de mer

Sources des citations :
[1] La pêche maritime, 1950 - ALBERT Ier DE MONACO Collection : Les Amis du Musée océanographique de Monaco

[2] Discours sur l’océan prononcé en anglais par le Prince Albert Ier de Monaco le 25 avril 1921 au United States Museum Auditorium de Washington ; le lendemain, le 26 avril 1921, la Médaille Agassiz décernée par la National Academy of Sciences lui a été remise.


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Production halieutique et aquacoles mondiales. © FAO. La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2016. Contribuer à la sécurité alimentaire et à la nutrition de tous. Rome. 224 pages
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