Aimer et Protéger les océans – La Lettre de l'IO
L'Institut océanographique vous apporte, chaque mois, une information qualifiée sur son actualité et celle des océans...

Dossier : les tortues marines

POUR SAUVER LES TORTUES, PRÉSERVONS L’OCÉAN !

L'Institut océanographique se mobilise, depuis fin 2015, pour mieux faire connaître les tortues marines, sensibiliser le public et les décideurs sur leur situation et inviter à faire évoluer notre relation à la mer.

Pourquoi l’Institut océanographique s’intéresse aux tortues marines : regardez cette petite vidéo...

Les tortues témoignent de l’état de santé des océans. Contrairement à d’autres espèces comme les thons ou les requins, leur déclin n’est pas qu’une histoire de surexploitation. Tiraillées entre deux milieux, marin et terrestre, elles subissent la plupart des pressions que l’homme exerce sur l’océan, des côtes à la haute mer (urbanisation, surpêche et pêche accessoire, collisions, pollutions ou encore accumulation de plastique).

L’odyssée des tortues reste mystérieuse. Le cycle de vie de ces grandes migratrices garde encore ses zones d’ombre. Identifier les différentes populations, leurs lieux de ponte, d’alimentation, de transit est pourtant essentiel pour parvenir à évaluer leur santé et à identifier et prévenir les principales menaces.

Leur destin est entre nos mains. Depuis leur retour au milieu marin, il y a 210 millions d’années, les tortues ont été capables de s’adapter à des évolutions importantes du climat et  des milieux marin et côtier. Aujourd’hui, leur sort est entre nos mains et dépendra de notre capacité à leur laisser une place sur les côtes et à gérer nos activités pour préserver l’océan et le garder vivable pour les tortues.

Le contraste est saisissant entre l’état des populations de tortues là où l’homme a fait cet effort (Atlantique, Caraïbes) et là où il a laissé disparaître les tortues.

 Le Musée océanographique

Le Musée océanographique est un partenaire de longue date du Réseau des Tortues Marines de Méditerranée Française (RTMMF), partie intégrante du Groupe Tortues Marines France. Depuis plus de 20 ans, ce réseau regroupe des bénévoles-observateurs chargés de collecter les données sur les tortues de mer. Alerté par les usagers (pêcheurs, plaisanciers, plongeurs, baigneurs) ou par différentes administrations ou services (affaires maritimes, capitaineries, mairies, gendarmerie maritime), le réseau intervient en cas d’échouage, secourt les tortues blessées et les relâche en mer après marquage quand elles en ont la capacité. L’examen des individus morts apporte aussi des éléments fondamentaux à la science en essayant par exemple de déterminer les causes de mortalité. Il organise des stages de formation ou de perfectionnement (scientifique et technique) et délivre les habilitations indispensables pour intervenir sur ces animaux protégés. Un rapport annuel est transmis aux administrations et ministère concernés.

« Léon », « Lisa », « Hermance », « Igor », « Rana » chaque spécimen qui arrive au Musée océanographique reçoit un diminutif et bénéficie de soins attentifs et parfois d’actes médicaux (réparation de la carapace, radiologie, chirurgie). Bien soignées et bien nourries, les tortues de mer, extrêmement solides et résistantes, récupèrent vite. Le retour en mer, souvent parrainé par une personne médiatique est l’occasion d’attirer l’attention des médias et des décideurs sur l’existence de ces animaux méconnus du grand public et sur les enjeux de leur conservation en Méditerranée.

Le cas de Rana

 « Rana » est trouvée accidentellement, flottant en surface dans le port de Monaco en avril 2014. L’observation d’une petite caouanne (10 cm pour 125 g) en Méditerranée nord occidentale à cette époque de l’année est très rare et inhabituelle. L’eau est froide et peu favorable à l’activité de ces reptiles à sang froid. Amorphe et évoluant dans un milieu portuaire dangereux, elle est recueillie par le Musée océanographique pour un bilan de santé. Un prélèvement de tissu est envoyé au Laboratoire de biologie moléculaire de Montpellier afin de tenter de déterminer son profil génétique. Est-elle née en Atlantique, en Méditerranée ? Les résultats viennent de tomber. Rana appartient à un profil commun à l’Atlantique Nord-Ouest, au Cap-Vert et à la Méditerranée. Compte tenu de sa petite taille, l’hypothèse la plus probable est qu’elle est née en Méditerranée orientale.

Les tortues caouanne passent dans la partie occidentale de Méditerranée. Elles se reproduisent dans la partie orientale (Grèce, Turquie, Libye, Tunisie, Chypre et dans le sud de l’Italie), mais une petite moitié naît à l’extérieur, en Atlantique (Cap Vert…) Elles entrent jeunes grâce aux courants de surface à Gibraltar, mais doivent attendre d’être suffisamment fortes pour pouvoir ressortir.

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