Aimer et Protéger les océans – Méduses

Un cycle de vie robuste…jusqu’à l’immortalité ?

Sexualité, reproduction, stratégies de dissémination et de survie jusqu’à trouver le bon milieu
Un peu de vocabulaire
- le stade fixé s'appelle hydraire, certaines méduses n'ont qu'un stade fixé
- le stade libre s'appelle méduse, ce qui crée une confusion avec l'animal méduse

Les méduses représentent la première manifestation de la sexualité comme mode de reproduction pour des animaux pluricellulaires ; il y a des méduses mâles et des méduses femelles. Les gonades se forment en relation étroites avec le système gastro-vasculaire. Les gonades mâles produisent des spermatozoïdes et les gonades femelles des ovules.

La plupart du temps, les cellules reproductrices sont évacuées directement dans la mer où a lieu la fécondation. Mais chez certaines espèces de méduses, la fécondation est interne, ce qui signifie que les spermatozoïdes libérés dans la mer sont ingérés par les femelles et vont rejoindre les ovules pour les féconder. C'est alors un œuf qui est pondu par la femelle, comme chez Pelagia noctiluca qui évacue par la bouche de gros œufs de 0.3 mm bien visibles à l'œil nu.

Les premiers stades du développement sont identiques aux Hydroméduses et aux Scyphoméduses, qui ont pourtant un cycle de vie différent, et après la fécondation, l'œuf évolue en quelques heures en une larve cilié appelée planula.

Bourgeonnement pour les hydroméduses et les siphonophores comme la physalie
Chez les Hydroméduses, la planula tombe sur le fond, s'y fixe et se transforme en un petit polype pourvu de tentacules urticants et d'un unique orifice central, à la fois bouche et anus. Ce polype solitaire va immédiatement produire des bourgeons par multiplication asexuée, bourgeons qui évoluent en colonies secondaires, c'est le début d'un processus qui engendre une colonie de polypes souvent considéré comme l'hydraire, reliés entre eux par un canal ou stolon. Certains bourgeons peuvent se détacher et reproduire une nouvelle colonie, et certaines espèces deviennent ainsi envahissantes, comme les Clytia.

Strobilation pour les scyphoméduses comme Aurelia aurita
Chez les Scyphoméduses, la planula tombe également sur le fond, s'y fixe et devient un polype d'une autre forme, appelé scyphistome qui peut bourgeonner et former une petit colonie mais la plupart du temps ces formes sont solitaires. Là aussi la nourriture et température favorisent un bourgeonnement de méduses et à la partie supérieure du scyphistome apparaissent des sillons transverses, d'où l'image de la pile d'assiettes souvent évoqués dans les traités de zoologie, c'est la strobilation. Le premier segment se libère par contractions violentes et ainsi de suite et ces petites méduses sont des éphyrules qui grandissent et deviennent des méduses adultes sexués.

Vers l’immortalité
En 1988, un étudiant allemand découvre Turritopsis, qui comme la plupart des hydrozoaires, passe par deux stades de vie; le stade polype puis le stade méduse. Les méduses adultes produisent spermes et ovules qui une fois combinée forme un œuf puis une larve qui en tombant sur un support se transformera en polype. Pour Turritopsis, le processus s'avère un peu différent. Au lieu de mourir la méduse tombe sur le sol, où son corps se replie sur lui-même, comme dans une position fœtale. L'ombrelle réabsorbe les tentacules et se dégénère jusqu'à devenir une goutte gélatineuse. Au bout de plusieurs jours, il se forme comme une enveloppe extérieure, un kyste. Ensuite, il y a comme des stolons qui ressemblent à des racines, qui s'allongent jusqu'à former un polype. Le nouveau polype produit de nouvelles méduses et le processus recommence. Depuis on l'appelle la méduse immortelle. Cependant ce processus n'est pas spécifique à Turritopsis et quelques autres chercheurs ont pu l'observer sur d'autres espèces (Scolionema et Craspedacusta) et à chaque fois lorsque les conditions de l'élevage se dégradaient, car cette découverte ne s'est faite qu'en laboratoire.

Métamorphose comme pour les cuboméduses
Les spermatozoïdes, groupés dans une poche, le spermatophore, sont déposés par la bouche du mâle sur un tentacule de la femelle, la bouche de celle-ci les recueille. La fécondation a lieu dans les poches gastriques. Le polype issu de la planule a des tentacules capités, il rampe sur le fond avant de se fixer, puis il se métamorphose complètement pour donner une seul méduse.

Hermaphrodisme chez les méduses
Il existe des organismes qui possèdent les deux sexes et qui sont dit hermaphrodites comme chez Chrysaora hysoscella, très grosse méduse des côtes atlantiques. Toutefois les éléments mâles sont toujours plus précoces que les femelles, ce qui n'empêche pas l'autofécondation. Retour accueilRetour accueil
1459513954.jpg zoomCliquez sur l'image pour agrandir
Cycles de vie des hydroméduses
  • 1459513954 musee1459513954 musee
  • 1459513972 musee1459513972 musee
  • 1459513993 musee1459513993 musee