Aimer et Protéger les océans – Haute Mer et Grands Fonds

Les grands fonds marins

Les grands fonds marins, immenses, ne sont que très partiellement connus. Ils demeurent une « frontière » de notre connaissance, qui attire de nouveaux explorateurs médiatiques tels que James Cameron  ou Sir Richard Branson. Au-delà de l’exploit personnel, souhaitons que la course aux profondeurs relance durablement la volonté d’une connaissance plus développée et d’une exploitation prudente de ces grands fonds.
 
Loin de l’énergie solaire qui soutient toute la chaîne alimentaire à la surface de la planète, les grands fonds sont une frontière pour la vie, qui se développe à partir de processus originaux dont la chimiosynthèse aux abords des sources hydrothermales. Les écosystèmes exceptionnels qui en résultent sont d’une grande fragilité et ne peuvent se régénérer que très lentement.
Enfin, les grands fonds marins sont aussi une frontière pour les industriels. Après plusieurs décennies de fantasme, leur exploitation minière entrera vraisemblablement très prochainement dans une phase opérationnelle en Papouasie Nouvelle-Guinée, avant d’autres projets en haute mer dès lors que le cadre réglementaire sera en place, pour extraire métaux précieux, hydrocarbures ou terres rares.
 
La course aux grandes profondeurs suit ainsi la frénésie mondiale pour les ressources naturelles, notamment énergétiques. Le développement de la technologie les rend de plus en plus accessibles, et il est aujourd’hui faisable de forer sous des kilomètres d’eau et de roche.
 
En revanche, la fiabilité de l’exploitation et la capacité d’intervention en cas de problème sont autrement plus difficiles à garantir à grande profondeur, comme l’ont montré les accidents récents dans le golfe du Mexique et en mer du Nord. 
 
Il est donc impératif de ne pas céder à une vision court-termiste et de s’assurer avant toute exploitation de :
 
la connaissance du milieu, de sa richesse, de sa fragilité, pour peser les risques et les maîtriser. Il s’agit de déterminer ce qui doit être protégé en priorité et ce qui peut raisonnablement être exploité, et sous quelles conditions ;
 
la mise en place d’un vrai dispositif de sécurité et de réaction en cas d’accident, basé notamment sur une grande vigilance aux signaux précurseurs et au suivi d’impact, ainsi qu’à la capacité de réaction effective. 
 
Le cadre réglementaire lui aussi doit s’adapter aux nouveaux défis technologiques pour qu’une régulation effective soit possible, par des organes nationaux ou internationaux suffisamment compétentes et respectés. La situation de la haute mer sera au cœur des travaux de l’ONU en décembre 2012 à l’occasion du 30e anniversaire de la convention des Nations unies sur le droit de la mer.
 
L’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco est engagé pour une gestion plus durable de nos océans, qui place la préservation de la biodiversité marine au cœur de la dynamique de développement.
 
L’institut océanographique a notamment organisé, en octobre 2011, un colloque international sur l’avenir des grands fonds marins dont vous trouverez ci-après les actes et conclusions.
 
En savoir plus : Les Grands Fonds, voyage dans un monde inconnu de Robert Calcagno aux Éditions du Rocher, collection de l’Institut océanographique, 2011.
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