Aimer et Protéger les océans – Haute Mer et Grands Fonds

"L’Océan, bien commun de l’humanité : une utopie pour le XXIème siècle ?’’

A quelques semaines de la COP 21, au cours de laquelle le rôle central de la mer dans la régulation climatique ne pourra être éludé, le colloque ‘’L’Océan, bien commun de l’humanité : une utopie pour le XXIème siècle ?’’ a réuni le 1er octobre dernier 200 participants pour une journée de réflexion sur l’importance des mers pour l’humanité
En écho au message adressé aux participants par S.A.S le Prince Albert II de Monaco, qui soulignait "qu’un engagement international est impératif et urgent pour assurer la surveillance, la régulation, la gestion de l’océan pour revenir rapidement à l’équilibre, pour garder l’océan en bonne santé et préserver notre avenir’’, Michel Petit, le contre-amiral Thierry Rousseau, Jérôme Bignon, Eudes Riblier, Catherine Chabaud, Frédéric Moncany de Saint Aignan, Philippe Vallette, Cyrille Poirier Coutansais, le vice-amiral Emmanuel Desclèves, Nicolas Baverez, Pascal Lamy, José-Manuel Lamarque, Hubert Carré, Olivier Guyonvarch, Philippe Boisson, Christophe Lefebvre, Elie Jarmache, Jean-Louis Fillon, Annick de Marffy-Mantuano, Glen Wright, André Abreu, Serge Segura, l’amiral Jacques Launay, Francis Vallat ont fait un état des lieux : économique, climatique, écologique, géopolitique. Ils ont examiné le concept ancien - mais aussi actuel pour certains de nos contemporains - de « bien commun » et l’usage qui en est fait dès aujourd’hui dans quelques domaines maritimes.

S’inscrivant dans la suite de l’Appel de Paris pour la Haute mer et dans le prolongement de travaux de la Plateforme Océan et Climat, l’’Institut Français de la Mer (IFM) a présenté la réflexion qui l’a conduit à proposer l’application à l’océan de ce principe de « bien commun » pour faire face aux risques et aux menaces liés aux nouveaux enjeux maritimes : l’ensemble des mers «res communis», étant reconnu comme un espace unique, global et physiquement solidaire, verrait l’expression de la souveraineté - dans des zones aujourd’hui morcelées par le droit - passer derrière l’expression d’une nouvelle responsabilité collective, animée par les Etats comme par la société civile dans une gouvernance partagée et soucieuse d’en maîtriser l’exploitation raisonnable.

Et cette nouvelle approche viendrait non pas se substituer aux principes de liberté, de protection et de territorialisation, mais les placerait sous celui de cette responsabilité collective.
Enfin, ils ont analysé comment cette proposition pourrait trouver un écho lors des négociations en cours pour l’élaboration, dans le cadre des Nations unies, d’un nouvel instrument international sur la conservation et l’exploitation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des limites des juridictions nationales.

Cette journée, organisée par l’IFM en partenariat avec le Centre d’Etudes Stratégiques de la Marine et l’Institut océanographique, Fondation Albert 1er, Prince de Monaco, a montré, comme l’a souligné Jacques Launay dans sa conclusion, l’importance de travailler aux ‘’chantiers de la citoyenneté maritime’’, tant pour alerter et informer les décideurs et l’opinion publique sur le rôle des océans que pour proposer des évolutions de leur gouvernance mondiale.

Elle a permis d’examiner la déclinaison de cette utopie à la haute mer, du fait des négociations internationales en cours : il faut en détailler l’impact sur les autres espaces marins. Par exemple sur la gestion des zones économiques exclusives (ZEE), sur les activités à l’intérieur des mers territoriales, aller même jusqu’à remonter les fleuves, grands pourvoyeurs de pollutions maritimes : presque tout reste à faire.

Inscrivant ses réflexions dans la suite de l’Appel de Paris pour la Haute mer et dans le prolongement de travaux de la Plateforme Océans et Climat, l’IFM conscient de la responsabilité que lui confère sa position originale au carrefour de l’économie, de l’environnement et de la science, va continuer à porter cette réflexion, à dialoguer, à proposer, à agir pour que l’océan soit protégé et durablement exploité pour le bien commun des générations actuelle et futures.

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Pascal Lamy, Président emeritus Notre Europe – Institut Jacques Delors, ancien Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, membre de la Global Ocean Commission
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