Aimer et Protéger les océans – Méditerranée

Actions à valoriser

Introduction
La diversité des êtres vivants et des écosystèmes de la mer Méditerranée est menacée. Certains scientifiques parlent de la sixième crise d’extinction majeure des espèces que la Terre ait connue, et pour la première fois, l’Homme en serait le principal responsable !
Heureusement, cétacés, tortues marines, phoques moines, grandes nacres ou mérous bruns peuvent compter sur quelques initiatives favorables. Bien qu’insuffisantes à l’échelle du bassin méditerranéen, de nombreuses actions ou mobilisations en faveur de la préservation de la Méditerranée et de sa biodiversité existent. 
Généralement axées sur des thématiques précises, à dimensions locales ou régionales, parfois internationales, ces actions peuvent être menées par des Etats, des Organisations Non Gouvernementales, de petites associations, voire de simples citoyens. L’Institut océanographique salue ces initiatives et les soutient en les faisant largement connaître.
Souhaitons que ces exemples d’actions en faveur de la biodiversité de la Méditerranée réussies en appellent de nombreuses autres !
 
Sauver le Thon Rouge
Après plusieurs millénaires d’exploitation « durable », les populations de Thon rouge de Méditerranée sont aujourd’hui gravement menacées. Sous l’effet de la surpêche, les stocks se sont brutalement effondrés au cours des dernières années. Celle-ci est due en grande partie au succès mondial de la consommation de sushis et de sashimis.
80% des espèces de poissons pêchées commercialement sont pleinement exploitées, surexploitées ou en déclin. Nos moyens de pêche actuels, de type industriel, menacent gravement les écosystèmes marins et finalement nous-mêmes. Le risque? Certaines espèces deviendront rares et d'autres seront tout simplement menacées de disparition.
Le thon rouge est un exemple emblématique de cette situation ; les populations de thon rouge déclinent dangereusement. Depuis plusieurs années, la Principauté monégasque se mobilise pour alerter l'opinion mondiale et tenter de sauvegarder cette espèce. 
 
Sauver le phoque moine de Méditerranée
Dans l’Antiquité, le phoque moine (Monachus monachus) était répandu sur toutes les côtes de la Méditerranée. Il était adoré des anciens Grecs. Aujourd'hui, c'est le mammifère marin le plus rare et l'une des six espèces animales les plus menacées sur Terre. 
L’espèce est classée dans la liste I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ainsi que dans la catégorie des espèces nécessitant une stricte protection de la part de la législation européenne.
C’est la Grèce qui abrite la population la plus importante (îles Sporades du Nord, îles Cyclades du sud et sud des îles du Dodécanèse). Une action prioritaire doit donc être menée sur cette zone géographique.
 
Les Aires Marines Protégées, pour faire quoi?
On appelle Aire Marine Protégée (AMP) un espace délimité en mer où des mesures particulières de gestion sont mises en œuvre dans un objectif de protection du milieu marin, de ses écosystèmes et des espèces qui y vivent.
En méditerranée, il n’existe pas moins de 75 aires marines protégées sur un ensemble de 21 pays. Ces AMP sont réparties très inégalement dans l’espace géographique. Elles s'étendent principalement sur la côte Nord, à l'exception de quelques sites en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Israël, au Liban et en Syrie.
 
Connaître et protéger les cétacés en Méditerranée
Parmi les 90 espèces de cétacés existant dans le monde, 24 ont été signalées au moins une fois en Méditerranée et en mer Noire.
Neuf espèces sont réellement résidentes. Le rorqual commun, le cachalot, le dauphin bleu et blanc, le globicéphale noir, le dauphin de Risso, le grand dauphin et le dauphin commun font partie des plus communes. D’autres, à l’image de la baleine à bec de Cuvier, sont bien présentes mais extrêmement discrètes. La baleine à bosse ou l’orque ne sont pas résidentes en Méditerranée mais empruntent de temps en temps le détroit de Gibraltar pour faire de brèves mais spectaculaires incursions dans cette mer. Quant à lui, le marsouin commun (l’une des espèces les plus petites) a l’étonnante particularité d’être présent dans de nombreuses mers du monde et en mer Noire, mais d’être absent de la Méditerranée !
La forte biodiversité en cétacés de la Méditerranée fait de cette mer un véritable sanctuaire qu’il convient de sauvegarder absolument.
 
Connaître et protéger les tortues marines
Peu de gens le savent mais cinq espèces de tortues marines fréquentent bel et bien la Méditerranée !
La tortue caouanne (Caretta caretta) est de loin la plus abondante. De taille impressionnante - sa carapace peut dépasser 1 m de long et son poids peut atteindre 100 kg - elle est toutefois plus petite que sa cousine géante la tortue Luth (Dermochelys coriacea) dont le poids peut avoisiner la tonne. Trois autres espèces peuvent être également rencontrées : la tortue verte (Chelonia mydas), dont il reste une importante population dans le bassin oriental ainsi que la tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) et la tortue Caret (Eretmochelys imbricata), deux espèces beaucoup plus rares.
Seules la tortue caouanne et la tortue verte se reproduisent en Méditerranée, principalement dans le bassin oriental, mais les pontes de tortue caouanne dans le bassin occidental sont possibles comme en témoignent les observations récentes faites en France à Saint-Tropez en 2006, en Corse en 2002, en Italie en 2008 et 2009 (Naples, Calabre, Sardaigne) ou en Espagne (2001 et 2006).
 
GEM : La passion du mérou
En 2011, le Groupe d'Etude du Mérou (GEM) fêtera ses vingt-cinq ans. Créée en 1986, cette association a un triple objectif : mieux connaître le mérou brun de Méditerranée (Epinephelus marginatus), oeuvrer à la saine gestion de l'espèce et, surtout, travailler à la protection d'un poisson emblématique qui était fortement menacé.
Au fil des ans, le GEM n'a cessé de développer son action « tous azimuts », tant au niveau de la recherche qu’en organisant des missions de comptage et d'observations dans plusieurs pays du bassin méditerranéen, dans les aires marines protégées, comme par exemple le Parc National de Port-Cros, la Réserve Marine de Cerbère-Banyuls, la réserve sous-marine du Larvotto à Monaco ou les Réserves de Scandola et des Bouches de Bonifacio en Corse, ainsi que dans les espaces marins ne bénéficiant pas de statuts de protection similaires.
 
Connaître et protéger la biodiversité marine
Avec les eaux australiennes et japonaises, les mers au large de la Chine et le Golfe du Mexique, la Méditerranée est considérée comme l’une des cinq zones marines les plus riches au monde en terme de biodiversité.
Selon un rapport publié en août 2010, 16 848 espèces marines incluant mammifères marins, poissons, mollusques, échinodermes, cnidaires, éponges, bryozoaires, annélides, reptiles, mais aussi de nombreuses algues et plantes marines, ont été recensées à ce jour.
Les rivages de la Méditerranée figurent parmi les plus peuplées et parmi les mieux étudiés de la Planète. Pourtant, la biodiversité marine garde encore bien des secrets, en particulier celle vivant dans les grands fonds. L’exploration récente des canyons jusqu’à 700 m de profondeur a permis de révéler la présence de récifs de coraux profonds et d’espèces étonnantes adaptées à la vie dans des milieux extrêmes.
 
Vous aussi vous pouvez agir !
La Méditerranée est la mer la plus fréquentée du Monde. Plus de 780 millions de personnes (touristes compris) peuplent ou séjournent sur ses rivages chaque année.
Si les activités humaines peuvent porter gravement atteinte aux écosystèmes marins et aux milliers d’espèces qui y vivent, les citoyens peuvent aussi, par leur action individuelle ou collective, participer à leur préservation.
 
Un petit geste, c’est bien, mais des milliards de petits gestes additionnés les uns aux autres peuvent provoquer des changements insoupçonnés !
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