Aimer et Protéger les océans – Méditerranée

Les atteintes actuelles

Une très forte pression humaine
Le bassin méditerranéen figure parmi les zones les plus peuplées au monde. 160 millions de personnes vivent sur la bande littorale de la Méditerranée et s’y ajoutent chaque année plus de 320 millions de touristes !

Cette forte densité humaine exerce au travers de ses multiples activités une pression considérable, directe et indirecte, sur le milieu marin : dégradation des habitats par l’urbanisation, les complexes touristiques ou industriels, rejet en mer des eaux usées non traitées, de produits chimiques, d’engrais et de pesticides agricoles, dégazage des pétroliers, surpêche ou pêche illégale (notamment du thon rouge), pollutions physique, chimique et accoustique, ou encore introduction d’espèces exotiques et acidification de l’eau de mer.

Le thon rouge, une espèce en grand danger...
Après plusieurs millénaires d'exploitation «durable», les populations de Thon rouge de Méditerranée sont aujourd’hui gravement menacées. Ces dernières années, les stocks se sont brutalement effondrés, sous l’effet de la surpêche due en grande partie au succès mondial de la consommation de sushis et de sashimis. 80% des espèces de poissons pêchées commercialement sont pleinement exploitées, surexploitées ou en déclin.
Nos moyens de pêche industriels menacent gravement les écosystèmes marins et finalement nous-mêmes. Le risque? Certaines espèces deviendront rares et d'autres seront tout simplement menacées de disparition. Le thon rouge est un exemple emblématique de cette situation. Depuis plusieurs années, la Principauté de Monaco se mobilise pour alerter l'opinion mondiale et tenter de sauvegarder cette espèce.
Suite à un consensus national, le thon rouge ne figure plus au menu des restaurants monégasques ni dans les grandes surfaces; un comportement responsable des consommateurs et des professionnels de la filière est fortement encouragé.

La Méditerranée sous la menace du gaz carbonique ?
L’augmentation du gaz carbonique (CO2) rejeté dans l’atmosphère par les diverses activités humaines (transport, chauffage, industrie, ..) influe non seulement sur le changement climatique mais aussi sur la chimie des océans. L’eau de mer devient progressivement plus acide.
Des conséquences importantes sur les organismes marins pourraient en résulter : dégradation et fragilisation des coquilles et des carapaces calcaires, conduisant à une diminution de la biodiversité.

Les proliférations de méduses : un dérèglement des écosystèmes ?
Les proliférations de méduses ne sont plus exceptionnelles ! Ces espèces foisonnent désormais le long des côtes tous les étés et parfois plusieurs fois au cours de l’année. La multiplication des épisodes de ce phénomène naturel traduit un dérèglement ou une modification du fonctionnement des écosystèmes marins.
Le changement climatique et les activités humaines, comme les pollutions, l’urbanisation, ou la pêche intensive semblent le favoriser.

Le renouvellement de la biodiversité
Contrairement aux idées reçues, les peuplements de faune et de flore de la Méditerranée n’ont jamais été figés, ni dans le temps, ni dans l’espace. Au cours des temps géologiques, ils ont toujours évolué et continuent de le faire encore à l’heure actuelle.
Chaque année, les scientifiques découvrent ainsi dans les eaux de cette mer quantité d’espèces « immigrantes » appartenant à tous les groupes, des algues aux poissons en passant par les invertébrés tels que les crustacés, mollusques, cnidaires ou vers marins. Le phénomène est massif et, pour certaines espèces, a tendance à s’accélérer.
Aujourd’hui 10% des espèces de poissons présents en Méditerranée sont d’origine étrangère !

Les actions de l'homme ne sont jamais anodines
Les actions humaines sont rarement neutres et parfois, leurs conséquences ne sont pas visibles immédiatement. Modification des bassins versants, rejet d’antibiotiques, de produits pharmaceutiques ou de matières plastiques dans l’environnement, parfois très loin de la mer, bien à l’intérieur des terres…
Autant d’actions qui peuvent avoir des répercussions importantes sur le milieu marin, des années plus tard, et souvent à des milliers de kilomètres ! Retour accueilRetour accueil