Aimer et Protéger les océans – Méditerranée

Ses beautés à préserver

CONNAITRE, AIMER ET PROTEGER… LA BIODIVERSITE
La Méditerranée recèle sous sa surface une multitude de paysages d’une grande beauté.
Comme l’algue, la sardine, la méduse ou le rorqual, l’Homme fait partie de la biodiversité. La Terre entre dans une nouvelle crise d’extinction des êtres vivants, due en grande partie au développement des activités humaines : une espèce d’oiseau sur huit, une espèce de mammifère sur cinq, un quart des espèces marines… sont menacés de disparition.
Un développement économiquement viable doit être respectueux de la Nature ; il ne peut se faire au détriment de la biodiversité. Chacun se doit de la préserver pour assurer l’avenir de notre planète. Engagez-vous à nos côtés pour préserver la Méditerranée !
 
Prairies sous-marines
Sur les fond sableux, se développent à perte de vue les posidonies. Ce ne sont pas des algues, mais des plantes à fleurs que l'on ne trouve qu'en Méditerranée. Elles ont des racines et se reproduisent grâce à des fleurs qui donnent des fruits en forme d'olives. De la surface à 40 mètres de fonds, les posidonies forment de véritables herbiers.
Le nom de cette plante dérive de « Poseidon », qui était le dieu de la mer dans la Mythologie grecque. L’herbier de posidonie joue un rôle important en Méditerranée. Il produit de grandes quantités d’oxygène : poumon vert de la Méditerranée, l'herbier rejette jusqu'à 14 litres d'oxygène par mètre carré et par jour… Une performance remarquable ! Il constitue pour une multitude d'espèces un abri, une source de nourriture importante et un lieu de reproduction : il accueille 25 % des espèces observées en Méditerranée.
Il fixe les fonds grâce à ses racines, protège le littoral en limitant la force de la houle et diminue l’érosion des plages grâce aux "banquettes", ces énormes amas de feuilles mortes très visibles en hiver sur les plages.
Les posidonies abritent deux espèces animales emblématiques malheureusement menacées. L’une est énorme : la grande nacre. Ce coquillage qui ressemble à une énorme moule plantée au sein de l’herbier est le deuxième plus grand coquillage au monde. L’autre est minuscule : l'hippocampe, ou cheval de mer. Il vit accroché aux feuilles de posidonie par sa queue. Malgré sa tête de cheval, il s'agit bien d'un poisson.
 
Rochers à la surface
Sur les fonds rocheux le paysage est tout autre.
A la surface de l’eau, la cystoseire, une algue brune dont les frondes peuvent atteindre près d'un mètre, compose – du moins quand la zone est préservée - une sorte de tapis. Cette algue, très sensible à la pollution, est un très bon indicateur de la qualité de l'eau littorale. Les scientifiques s'en servent pour décrire l'état du milieu.
Les fonds rocheux abritent de multiples espèces végétales et animales : anémones de mer, crabes, de discrets poissons, les blennies et les gobies, des patelles, mollusques à coquille conique qui s’accrochent à la pierre. Les petites flaques sont de riches milieux de vie et l'on y observe en abondance bernards l'ermites et crevettes.
La vie est également présente au dessus de la surface de l'eau. Là, vivent de nombreux escargots gastéropodes, des petites blennies capables de sortir de l'eau pour de courtes excursions et même des insectes adaptés à la présence du sel.
 
Petits fonds autour des rochers
Aux alentours des rochers nagent de multiples poissons, tantôt groupés en petits bancs, tantôt solitaires : de très nombreux labres comme la girelle et les crénilabre paon, castagnole, sar, saupe, rouget de roche, rascasse, daurade, mulet, et le petit triptérygion jaune qui déambule sur les roches.
Certains servent d'ingrédients à la succulente bouillabaisse !
 
Rochers entre 2 et 10 mètres
Sur les rochers plus bas, entre 2 et 10 mètres, le décor change encore. 
On découvre des algues aux noms étranges et poétiques : le codium en boule, la monnaie de Poséidon, l'acétabulaire, la padine, la dictyota.
Sur les rochers, « broutent » diverses espèces d’oursins, l'oursin comestible mais aussi l'oursin noir qu'il ne faut pas ramasser, de nombreuses étoiles de mer.
En observant attentivement, le plongeur en apnée pourra remarquer que le moindre centimètre carré est colonisé par une multitude d'organismes : algues, anémones coloniales, bryozoaires, éponges.
Ces fonds sont le domaine des poulpes, des galathées (crustacés très colorés) qui se cachent dans les fissures, tandis que les ophiures (qui ressemblent aux étoiles de mer) se nichent sous les pierres.
Sur le sable, entre les rochers, de nombreux concombres de mer (appelés encore les holothuries) fouinent à la recherche de débris organiques comestibles.
 
Les dessous de rochers
Sous les surplombs rocheux et les voûtes de pierre apparaissent de nouveaux organismes dits "sciaphiles" c'est à dire adaptés à une faible luminosité. Là-encore, la compétition pour l'espace est rude et chaque recoin est colonisé par de nombreux représentants de la faune et de la flore.
Les petites anémones coloniales Parazoanthus se développent en masse, parfois en association avec les éponges Axinelles. Ces saillies rocheuses sont le domaine des éponges rognon et des éponges pierres souvent habitées par les doris dalmatiens, de petites limaces de mer tachetées endémiques à la Méditerranée.
Des ascidies, fixées aux roches, orientent leur siphon inhalant dans le courant pour respirer et capter les particules nourricières. Si l'ascidie rouge est bien visible, le violet comestible est au contraire très mimétique.
On trouve également dans cette zone des coraux durs comme le corail solitaire d'un jaune éclatant et de délicates dentelles de mer.
De nombreux poissons vont et viennent dans les anfractuosités de rochers : corbs, rascasses et les magnifiques apogons aux moeurs nocturnes.
 
Les tombants
Les tombants sont des paysages caractéristiques de la Méditerranée.
Ceux qui sont situés près de la surface abritent une faune et une flore adaptées à la lumière. Leur flore est constituée de l'algue Halimeda et de nombreuses autres espèces végétales qui servent d'abris et de nourriture à une faune variée.
Certains tombants plongent à de plus grandes profondeurs, au delà des 35 mètres. Moins exposés aux rayons du soleil et soumis à une eau beaucoup plus froide qu'en surface, ils abritent une faune extraordinaire. Ce sont les fameux "tombants coralligènes" si caractéristiques de la Méditerranée occidentale et si appréciés par les plongeurs de la Côte d'Azur.
C'est le domaine du précieux corail rouge, des gorgones jaunes et rouges dont certaines, très âgées, peuvent atteindre plus d'un mètre de diamètre. Blotties dans les trous de rochers, vivent des langoustes et des cigales de mer.
Sur les tombants exposés aux courants, les poissons abondent car ils y trouvent une nourriture riche et des abris pour se cacher.
Les barbiers, encore appelés castagnoles roses ou Anthias se massent en banc en quête de plancton. Au moindre danger, les groupes se réfugient dans le dédale des roches. Les castagnoles et les mendoles, encore appelées amandes de mer, sont également très présentes. 
Cette abondance de nourriture attire de très nombreux prédateurs, murènes et mérous, mais aussi de redoutables chasseurs de pleine eau, comme les sérioles, les barracudas et les dentis.
 
Les grottes sous-marines
Les grottes sous-marines abritent l'un des joyaux de la Méditerranée : le précieux corail rouge.
Cette espèce, proche parent des gorgones, prospère dans les endroits sombres au plafond des grottes et sur les parois peu éclairées.
Absent du bassin oriental de la Méditerranée, le corail rouge est encore abondant dans sa partie occidentale. Dans les zones accessibles à la plongée, les peuplements sont cependant victimes de la collecte directe et de la destruction par les engins de pêches. On y rencontre principalement de jeunes colonies de quelques millimètres. Il faut plonger très profond pour rencontrer les plus gros spécimens. La croissance du corail rouge est très lente (de 2 à 8 mm par an).
Les grottes abritent d'autres organismes : des anémones tubes qui vivent sur le sol des grottes dans les sédiments, des congres et des murènes.
 
Les flots, au large
La faune de la pleine eau comprend de très nombreuses espèces dites "pélagiques". A la base des chaines alimentaires du large, se trouve du plancton, constitué essentiellement de micro-algues et de minuscules crustacés, des copépodes.
Les poissons bleux (sardines, anchois, maquereaux, chinchards) se déplacent en bancs compacts à la recherche de zooplancton. De petits prédateurs très mobiles les suivent de près et les attaquent parfois, bonites, pélamides, coryphènes, thons. Des prédateurs encore plus gros sillonnent les flots bleus du large comme les marlins, les espadons et les requins, souvent accompagnés de leurs poissons pilotes, eux aussi à la recherche de leurs proies.
Plusieurs grandes espèces de sélaciens fréquentent la Méditerranée, notamment les raies pastenagues du large, le requin bleu, le requin mako, le requin renard mais aussi des espèces spectaculaires et légendaires telles que le grand requin blanc, plusieurs espèces de requin marteau et la raie manta de Méditerranée, que l'on ne rencontre que dans cette mer. A l'instar des océans, la Méditerranée a été vidée de ses requins et de ses raies et certaines espèces jouissent désormais d'un statut de protection.
La pleine eau est également la zone de prédilection d'espèces rarement observées comme le roi des harengs ou régalec ou le rouffe impérial.
On rencontre aussi de nombreuses tortues de mer et en particulier la tortue caouane et plus de 20 espèces de cétacés dont 8 peuvent être considérées comme communes :
dauphin bleu et blanc, dauphin de Risso, globicéphale noir ou baleine-pilote, grand dauphin, cachalot, dauphin commun, baleine à bec de Cuvier et le plus grand d'entre-eux, le rorqual commun.
 
Les abysses
Au delà de 100 m, la lumière faiblit, les plantes disparaissent et la vie devient principalement animale. Les apports de nourriture viennent de la surface et sont composés de débris planctoniques, éventuellement agglomérés à des particules d'origine terrestre. On trouve dans les grandes profondeurs et les abysses une faune riche, diverse et abondante adaptée à la pénombre, aux eaux froides et au manque de nourriture.
Les fonds rocheux ou détritiques fourmillent de crustacés, de vers, d'éponges, d'ophiures, d'étoiles de mer. On y trouve quantités de poissons, souvent dotés d'yeux surdimensionnés, capables de détecter leurs proies dans le noir le plus total.
Les poissons sangliers et les bécasses de mer sont des habitants réguliers de ces zones profondes. On les trouve en compagnie d'autres espèces telles que raies, chimères, poissons plats, sébastes, chapons, poissons sabres et des prédateurs indolents tels que le requin griset, énorme requin pouvant dépasser 6 mètres de longueur.
Les invertébrés pélagiques évoluent aussi à ces grandes profondeurs : salpes, méduses, siphonophores, cténophores, mais aussi de nombreux céphalopodes (calamars et poulpes). 
Les gambarottis, petites crevettes pélagiques, forment des essaims immenses dont se nourrissent de nombreux prédateurs dont les baleines à fanon comme le rorqual commun.
 
Les lagunes
Les lagunes de Méditerranée sont des milieux de vie d'une biodiversité exceptionnelle et d'une très grande productivité. Une lagune est une étendue d'eau plus ou moins saumâtre, généralement peu profonde, séparée de la mer par un cordon littoral appelé « tombolo » ou "lido". 
La plus célèbre des lagunes est certainement celle de Venise.
La lagune a une très grande importance écologique : elle régule les flux et joue le rôle de filtre en épurant l'eau de ruissellement. Elle accueille un grand nombre d'oiseaux, dont les flamants roses et les pélicans, certains permanents, d'autres de passage lors des migrations.
Cet habitat est riche en algues, en crustacés, en coquillages et en poissons dont beaucoup migrent de la mer vers la lagune au printemps et en sortent à l'automne comme les mulets, les loups et les daurades.
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