Aimer et Protéger les océans – Gestion durable des océans

Monaco Blue Initiative 2013

Pour sa quatrième édition, de retour au Musée océanographique de Monaco après la Corée en 2012, la Monaco Blue Initiative a une nouvelle fois montré la richesse des échanges entre les différents acteurs des océans : scientifiques, entrepreneurs, décideurs politiques, tous réunis par leur passion pour la mer et prêts à jeter ensemble les bases d’une gestion plus durable des océans.
Comme nous l’a bien résumé Tony Haymet dans sa conclusion, l’heure était à l’optimisme prudent. L’optimisme est enfin permis, au vu des premiers signes encourageants concernant  la situation de certaines espèces, jusque là emblématiques de l’épuisement des océans. Après des décennies d’exploitation anarchique et insoutenable du thon rouge de Méditerranée, le renforcement des mesures de gestion depuis 2008 (quotas conformes aux avis scientifiques et contrôles effectifs) ont semble-t-il enfin permis la stabilisation des stocks, en attendant une reconstitution à confirmer. 
De nombreuses initiatives ont vu le jour visant à sauver les requins des excès de la pêche pour leurs ailerons, mais aussi de leur mauvaise image, en en faisant des atouts touristiques majeurs. 
 
Mais la prudence reste de mise, car ces progrès concernant quelques espèces emblématiques cachent mal une situation qui reste problématique, une surexploitation des ressources halieutiques qui reste trop répandue.
La gestion durable des ressources halieutiques doit s’étendre à l’ensemble des espèces et des mers, pour échapper à l’effondrement tant qu’il en est temps et espérer nourrir une population mondiale croissante. Mais serons-nous capables d’organiser collectivement cette gestion, de consacrer des moyens à l’évaluation scientifique, au contrôle de la pêche et au suivi d’espèces moins visibles et chères que les thons rouges ? 
 
L’aquaculture s’affirme aujourd’hui comme le relais d’une pêche qui s’essouffle, en absorbant à elle seule toute la croissance de la demande des produits de la mer. Pour autant, l’aquaculture devra elle aussi relever des défis majeurs pour espérer progresser : réduire son impact sur le milieu naturel, ses besoins en protéines animales pour nourrir les poissons d’élevage, mais aussi trouver sa place dans un milieu marin disputé par nombre d’usages.
 
Les débats ont rappelé que l’espoir viendra de la mobilisation de tous les acteurs. Les acteurs économiques seront prêts à évoluer et s’ils sont portés d’un côté par une stratégie politique et un cadre réglementaire clairs et stables dans la durée, ambitieux par leurs exigences environnementales mais favorables à l’innovation. Les consommateurs pourront eux aussi susciter le changement, si toutefois ils disposent des informations nécessaires pour faire des choix éclairés, par des labels pertinents ou simplement une plus grande transparence sur les impacts des produits qui leurs sont proposés.
 
Surtout, au-delà de la nécessaire concertation entre les acteurs, le besoin se fait sentir d’un nouveau modèle économique qui  valorise et finance la préservation à long terme des océans. Car le défi est là : dégager les ressources nécessaires aujourd’hui à la bonne gestion et à la protection des océans au regard des gains attendus : stocks de poisson préservés ou reconstitués, maintien d’un cadre de vie et de loisirs de loisirs, mais aussi la multitude de services aussi essentiels qu’invisibles que nous rendent les océans : stockage de CO2, protection du littoral,…
 
L’approche environnementale doit désormais être complétée par une approche socio-économique, qui identifie et valorise ces services et fonde de nouveaux circuits économiques pour assurer un financement pérenne de la protection des océans.
 
L’importance des Aires Marines Protégées a une nouvelle fois été souligné par l’ensemble des acteurs, comme cadre de cette valorisation d’un environnement marin en bonne santé, de la concertation de l’ensemble des usagers de la mer et de l’élaboration de projets locaux de gestion durable des océans.
 
Le témoignage de deux chefs d’Etat visionnaires et leaders dans ce domaine, de Palau des Kiribati, nous a montré à quel point de petits Etats insulaires peuvent montrer la voie dans ce domaine, tant parce que leur culture les invite naturellement à respecter les océans que parce qu’ils seront les premiers à pâtir de leur dégradation.

Pour plus d'informations, visitez le site Monaco Blue Initiative

Documents à télécharger

Retour accueilRetour accueil
1372840778.jpg zoomCliquez sur l'image pour agrandir
S.A.S. Le Prince Albert II de Monaco avec S.E. Président Tong, Président Remengesau, S.E.M. Bernard Fautrier et Robert Calcagno © M. Dagnino
  • 1372840778 musee1372840778 musee
  • 1372840981 musee1372840981 musee
  • 1372840825 musee1372840825 musee
  • 1372840930 musee1372840930 musee
  • 1372841841 musee1372841841 musee