L'Institut et la science – Fiches Scientifiques

Migrations internationales par voie maritime

Le Secrétaire général des Nations Unies pose le problème des migrants internationaux empruntant la voie maritime.
Dans son rapport sur les océans et le droit de la mer, Le Secrétaire général des Nations Unies a évoqué la situation des migrants par voie maritime. Ces migrants internationaux optant pour la voie maritime s’exposent souvent à de grands dangers. Actuellement, la voie de migration qui passe par le golfe d’Aden et la mer Rouge est la plus empruntée et la plus meurtrière au monde. Les migrations internationales par mer étant surtout clandestines, il demeure difficile d’établir des données précises. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de clandestins arrivés par la mer s’élevait en 2009 à : 10 165 en Grèce (de Turquie); 8 700 en Italie (d’Afrique du Nord); 1 470 à Malte (d’Afrique du Nord); 7 285 en Espagne (d’Afrique occidentale); et 77 310 au Yémen (de Somalie). Le Haut-Commissariat s’est inquiété de ce que les clandestins ne bénéficient pas de la protection internationale requise au vu des mesures de refoulement ou de rapatriement prises par certains États. En 2009, on a rapporté à l’OMI, 381 incidents causés par des pratiques dangereuses de trafic ou de transport de migrants par mer, qui concernaient 9 057 migrants venus du Moyen-Orient (5 266), d’Afrique (1 372), d’Asie (47) et d’Europe (34). Quant aux passagers clandestins, sur les 259 cas signalés à l’OMI en 2009, 162 personnes étaient issues de pays de la Méditerranée, de la mer Noire et de la mer du Nord, 74 de la région de l’Afrique de l’Ouest, 14 de l’océan Indien et de la région de l’Afrique de l’Est, 8 de l’Amérique du Nord et du Sud et de la région des Caraïbes, et 1 de l’Extrême-Orient, du sud de la mer de Chine et du détroit de Malacca. En outre, 811 clandestins avaient embarqué dans des ports non identifiés. Au total, 224 clandestins ont été rapatriés. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) apporte son aide aux États en vue de mettre en œuvre le Protocole de 2000 visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants et le Protocole de 2000 contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer (résolution 55/25 de l’Assemblée générale, annexes II et III). Ces deux protocoles complètent la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée de 2000 (résolutions 5/25 de l’Assemblée générale, annexe I). L’Office apporte son assistance technique aux États Membres et aux acteurs de la lutte et de la prévention en matière de trafic de migrants et de traite des êtres humains.L’Office a récemment fait paraître un rapport évaluant la gravité du risque que représente la criminalité transnationale, qui contient des chapitres sur le trafic de migrants et la traite. Il mène actuellement une étude sur les itinéraires de trafic entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Nord et l’Europe. Pour aider les États Membres à appliquer les protocoles susmentionnés, l’Office a publié une loi type contre la traite des personnes (publication des Nations Unies, numéro de vente: F.09.V.11) et rédige actuellement des dispositions législatives types sur le trafic de migrants. Il met également au point un cadre d’action international pour l’application du Protocole contre le trafic illicite de migrants. Une boîte à outils visant à prévenir et combattre le trafic de migrants sera publiée au dernier trimestre de 2010. Josette Beer-Gabel, Maître de conférences hors classe à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne Professeur à l'Institut océanographique de Paris Membre du Conseil scientifique de l'INDEMER Retour accueilRetour accueil