L'Institut et la science – Prix et Médailles

Cérémonie de remise des prix de l'Institut océanographique le 7 novembre 2013

L’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco décerne chaque année la Grande Médaille Albert Ier à un chercheur scientifique hautement qualifié et d’envergure mondiale dans le domaine de l’océanographie.
Les personnalités mises à l’honneur en 2013 sont Gilles Boeuf, Président du Muséum National d’Histoire Naturelle, et Andrew Bakun, Professeur de biologie marine à l’Université de Miami.

Né le 6 novembre 1953 à Saint‐Nazaire, Gilles Boeuf est Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris et occupe depuis février 2009 les fonctions de Président du Muséum National d’Histoire naturelle.
Physiologiste et endocrinologue de formation,
Gilles Boeuf a tiré des océans de substantielles découvertes, utiles à l’aquaculture et à la médecine. Des années d’explorations l’ont fait aussi botaniste, paléontologue, entomologiste et l’ont aidé à mûrir une compréhension globale de la complexité du vivant. 
Fraichement élu au Collège de France, à la Chaire « Développement durable, environnement, énergie et sociétés », il dispense notamment des cours sur la biodiversité, son évolution et ses croisements avec l’humanité.
Connu pour être un passeur de savoirs, hyperactif et passionné, Gilles Boeuf est actuellement président du Conseil scientifique du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). 

Andrew Bakun est né le 20 avril 1939 à Tacoma, dans l’Etat de Washington. Professeur de biologie marine à l’université de Miami, il s’impose comme un expert de premier plan dans le domaine des sciences de la mer, avec à son actif près de 50 années d’expérience dans des organismes nationaux et internationaux.
Titulaire d’un doctorat en océanographie physique, Andrew Bakun a travaillé pendant 22 ans pour la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’agence américaine responsable de l’étude de l’océan et de l’atmosphère. De 1983 à 1992, il y occupa les fonctions de Directeur du Laboratoire environnemental des pêches du Pacifique.
Il a également collaboré avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et avec l’Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), où il a passé 7 ans en tant qu’expert au département des pêches.
Curieux du monde qui l’entoure, Andrew Bakun s’est interrogé notamment sur l’interaction physique et biologique dans les océans et sur les conséquences des variations du climat sur les écosystèmes et les populations marines.
Il inspire aujourd’hui les jeunes générations de chercheurs, à qui il transmet toujours le même message d’humilité vis‐à‐vis des océans, de leur spécificité et de leur complexité.
 
La Médaille de la Société d’océanographie de France a été attribuée à deux jeunes chercheurs déjà reconnus et prometteurs: Laurent Bopp, chargé de recherche au CNRS, au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, à Gif-sur-Yvette, et Sébastien Duperron, maître de conférence à l’Université Pierre et Marie Curie – Paris 6, au sein de l’UMR « Systématiques Adaptation, Evolution », dans l’équipe axée sur l’étude de la biologie et de l’écologie des environnements profonds issus de chimiosynthèse. 

Laurent Bopp est déjà reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de la biogéochimie marine au niveau international. Il est spécialiste du cycle du carbone dans l’océan. Il s’intéresse aux processus biogéochimiques sur toutes les échelles spatiales – de la biosphère mondiale à la structure des écosystèmes phytoplanctoniques – et temporelles – des cycles glaciaires jusqu’aux prochains siècles perturbés par le CO2 d’origine anthropique.
Sa grande spécialité est la modélisation des interactions entre la biogéochimie marine et le système climatique, en étudiant notamment le devenir des gaz atmosphériques comme le dioxyde de carbone et l’oxygène.
Il a étudié l’impact d’un changement climatique sur la biosphère marine, ainsi que les rétroactions de la biosphère perturbée sur le climat lui-même. En parallèle, il a aussi conduit des travaux importants sur l’impact des flux de poussières sur la productivité marine et le stockage du carbone. Il a notamment contribué à la quantification des flux de carbone vers l’océan au cours du dernier siècle, ainsi qu’une réévaluation du puits de carbone actuel à partir des mesures atmosphériques de CO2 et d’O2. L’étude conjointe de ces deux gaz a révolutionné la prise en compte des cycles biogéochimiques naturels et des combustions de carbones fossiles. 
 
Laurent Bopp a présenté lors de la cérémonie les apports de la modélisation numérique pour analyser les liens entre changement climatique, acidification de l'océan et biogéochimie marine. Les modifications de la biogéochimie marine peuvent non seulement affecter les écosystèmes marins, mais aussi rétroagir sur le changement climatique via un amoindrissement du puits océanique de CO2 anthropique.

Sébastien Duperron est spécialiste des symbioses -  association entre organismes distincts, phénomène à la base de grands écosystèmes -  notamment celles associant divers invertébrés marins avec des bactéries capables d'effectuer une production primaire en l'absence de lumière. Ces symbioses basées sur la chimiosynthèse sont à l’origine du foisonnement de vie observé dans des environnements extrêmes comme les sources hydrothermales et de fluides froids. 
Sa recherche porte en particulier sur les symbioses chez les mytilidés de l'océan profond et vise à développer une méthodologie permettant la quantification des bactéries symbiotiques. Il est qualifié depuis 2011 aux fonctions de professeur des  universités.

Sébastien Duperron a présenté pendant la cérémonie la diversité des symbioses chimiosynthétiques chez les bivalves de l’Atlantique nord et de Méditerranée.Les symbioses chimiosynthétiques sont à la base de certains des écosystèmes les plus étonnants et les plus productifs découverts au siècle passé, dont nous commençons tout juste à comprendre le fonctionnement et à mesurer l’importance dans les grands cycles biogéochimiques. 

La cérémonie de remise de la Grande Médaille Albert Ier a été animée par Catherine Chabaud, première femme à avoir réalisé un tour du monde à la voile en solitaire, en course et sans escale, lors du Vendée Globe 96‐97. Fortement investie dans la protection des océans, Catherine Chabaud a mené la Mission Sensibilisation – Education – Communication du Grenelle de la Mer. Personnalité qualifiée du Conseil Economique, Social et Environnemental depuis octobre 2010, elle a rapidement fait rentrer les océans dans cette instance, jusqu'à  rapporter sur la question « Quels moyens et quelle gouvernance pour une gestion durable des océans ? » en juillet dernier. Elle a aussi été l’instigatrice de l’Appel de Paris pour la haute mer, appel d’ailleurs soutenu par la Fondation Prince Albert II et l’Institut océanographique. 

Regarder la vidéo de présentation de la Grande Médaille Albert Ier

Regarder la vidéo de présentation de Gilles Boeuf

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Retrouvez plus d'informations sur les prix de l'Institut océanographique ainsi que les lauréats des précédentes années

Reportage de Monaco Info sur la cérémonie

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Cérémonie de remise des médailles - De gauche à droite: Catherine Chabaud, Sébastien Duperron, Louis Legendre, Andrew Bakun, S.A.S. Prince Albert II de Monaco, Gilles Boeuf, Michel Petit, Laurent Bopp, Robert Calcagno - copyright M. Dagnino
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