Ban Ki-moon à Monaco : "il sera bientôt trop tard" pour sauver la planète

A l’invitation de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, le secrétaire général de l’ONU M. Ban Ki-moon s’est exprimé mercredi dernier au Musée océanographique de Monaco devant les Corps constitués de la Principauté, rappelant une nouvelle fois l’urgence à agir face aux menaces que nous faisons peser sur l’environnement tout en montrant la voie de l’économie verte, une voie sur laquelle la Principauté de Monaco est déjà bien engagée.
Sur le livre d’or du Musée océanographique, le mercredi 3 avril 2013, le Secrétaire Général résume en quelques mots son engagement pour les océans, qui l’a amené l’année dernière à lancer le Pacte pour les océans : « Ce magnifique Temple de la Mer est un monument dédié à la majesté et la diversité de nos mers et océans – et à l’importance de les protéger et les gérer durablement. De l’imposant requin-baleine au plus petit plancton, les écosystèmes marins détiennent des merveilles que nous sommes toujours en train d’essayer de comprendre. Apprenons à aimer ce patrimoine fragile pour que les générations futures puissent s’émerveiller devant l’incroyable variété de la vie sur notre planète terre bleue. »
 
"Les paroles n'ont pas été suivies d'effets. Il sera bientôt trop tard. Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète. Notre empreinte écologique est démesurée", a mis en garde Ban Ki-moon dans son allocution.
 
« La biodiversité continue de s’amoindrir à un rythme alarmant. Les stocks de poissons diminuent à vue d’œil, surtout à cause des excès de la pêche commerciale. Les émissions de gaz à effet de serre augmentent et les changements climatiques s’accélèrent. Les océans deviennent plus acides, ce qui menace l’ensemble de la chaîne alimentaire marine. Partout, les récifs coralliens s’amenuisent.
 
Le Prince Albert Ier, fondateur de ce musée, serait horrifié de voir de qui arrive au milieu marin qu’il aimait tant. Et il reconnaîtrait à peine l’Arctique qu’il a connu. »
 
"Nous devons agir maintenant si nous voulons qu'en 2050, la planète soit vivable pour ses neuf milliards d'habitants", a-t-il plaidé en rappelant que nous détenons encore les clés de notre destin.
 
« Les avantages de l’économie verte sont d’ordre social, économique et écologique. Des emplois meilleurs et plus nombreux, moins de pauvreté et plus d’égalité.
 
Des villes plus propres, des rendements agricoles plus élevés, des écosystèmes en meilleure santé. 
 
L’économie verte est une évolution dont l’heure est venue. Mais il faut que la dynamique s’accélère. Nous devons développer ce que nous testons en éprouvette depuis 40 ans. Pour cela, nous devons adopter des mesures d'incitation efficaces, et notamment mettre un prix sur les émissions de carbone", a-t-il dit.
 
"Nous devons aussi adopter, d'ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s'y adapter", a préconisé le secrétaire général des Nations unies.
 
Le Secrétaire Général a souhaité féliciter Monaco et son Gouvernement pour son implication dans de nombreux dossiers onusiens et son rôle moteur dans diverses agences spécialisées (notamment en matière de développement durable, de protection de l’environnement et de coopération au développement). Il a aussi rendu hommage à la Fondation Prince Albert II de Monaco qui "est respectée dans le monde entier pour le travail qu'elle fait dans les domaines de la biodiversité, de l'eau et de la lutte contre les changements climatiques".
 
"A l'heure où la terre et les océans subissent des pressions sans précédent, notamment en raison de la progression démographique mondiale et du changement climatique, il nous incombe d'agir avec détermination pour préparer l'avenir", a déclaré de son côté le prince Albert de Monaco.
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Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, pour sa première visite à Monaco la semaine dernière, a estimé qu'il serait "bientôt trop tard" pour sauver la santé environnementale de la planète si on ne met pas en place un "instrument contraignant" d'ici à 2015. © Michel Dagnino
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